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« One Step With You » février 2026
Décoration sonore

« One Step With You » février 2026

Publié le 16 mars 2026
Mise à jour le 5 juillet 2026 à 2h16
En bref

« One Step With You » est un rendez-vous mensuel dédié à la house music, cartographiée comme une constellation de villes, de scènes et d'influences. L'édition de février 2026 prolonge cette exploration sonore, célébrant la richesse et les ramifications d'un genre qui n'a jamais suivi une trajectoire linéaire.

One Step With You

La house music n’a jamais été une ligne droite. Plutôt une constellation : des villes, des producteurs, des voix qui se répondent à travers les décennies. Ce mix suit précisément ce fil, en remontant et en dérivant à travers quelques-unes de ces balises.


On ouvre avec Beat 4 Life, projet discret mais emblématique d’une certaine deep house européenne nourrie par l’héritage américain. Leur groove souple agit comme une porte d’entrée idéale vers Aqua Bassino, producteur écossais affilié à la grande tradition soulful qui relie Glasgow, Londres et New York. Avec lui apparaît la voix du Britannique Shaun Escoffery, chanteur de soul respecté dont le timbre profond rappelle combien la house s’est construite sur la rencontre entre machines et voix humaines. Depuis les clubs de Chicago jusqu’aux labels londoniens des années 1990, cette alchimie reste l’une des clefs du genre.

De là, le passage vers Jovonn s’impose presque naturellement. Le producteur new-yorkais est une figure majeure de la deep house depuis les années 90, héritier direct de la tradition garage et des clubs mythiques de Manhattan. Sa rencontre avec le Français DJ Deep — pilier de la scène parisienne et artisan infatigable d’une house élégante et racée — symbolise ce dialogue permanent entre les capitales électroniques. Paris et New York, reliés par un même amour du groove minimal et de la science du dancefloor.

Le mix glisse ensuite vers Dan Kye, alias du musicien australien Jordan Rakei. Batteur, chanteur et producteur, Rakei injecte dans ses productions une culture jazz et broken beat héritée de la scène londonienne contemporaine. Cette hybridation rappelle que la house n’a jamais cessé d’absorber d’autres langages musicaux.

C’est aussi ce que suggère Seven Grand Housing Authority, projet aux textures profondes et aux structures patientes, presque architecturales. Une house qui prend le temps de respirer, où la basse et les accords dessinent un espace plutôt qu’un simple rythme.

Impossible alors d’éviter un détour par la French Touch, incarnée ici par le duo Alan Braxe & Fred Falke. Au tournant des années 2000, ces deux Français ont contribué à redéfinir la house en la mêlant à la pop, au funk et à l’esthétique filtrée popularisée par la scène parisienne. Leurs basses rondes et leurs synthés lumineux prolongent le sillage ouvert par Daft Punk et Cassius, tout en installant une élégance mélodique immédiatement reconnaissable.

Avec Love Remain, le mix prend une direction plus introspective, avant de replonger dans l’histoire avec Nomad, projet britannique devenu légendaire grâce au classique “(I Wanna Give You) Devotion”. Au début des années 1990, ce morceau incarnait déjà le dialogue entre house américaine et culture club européenne.

L’Australien Harvey Sutherland poursuit ce métissage avec une house nourrie de funk, de boogie et de claviers analogiques. À ses côtés, le poète et performeur Joshua Idehen, Britannique d’origine nigériane, injecte la tradition du spoken word dans l’univers électronique — preuve que la house reste un terrain d’expérimentation pour la parole et la narration.

La transition vers Deep Space agit comme un clin d’œil aux nuits new-yorkaises et à l’esthétique cosmique popularisée par des DJ comme François K, où la house devient voyage et immersion sonore.

Puis surgissent Dino Lenny, producteur italien à la carrière protéiforme, et le DJ britannique Doorly, tous deux adeptes d’une house plus musclée, héritière directe de l’énergie rave.

La trajectoire se fissure alors volontairement. DJ OpenBlackjoy — producteur français passé maître dans l’art de mélanger soul, hip-hop et house — puis Josi Devil et le Britannique Foamo rappellent que les frontières du genre sont poreuses. Le rythme se rapproche parfois du breakbeat ou du jungle, autre branche essentielle de la culture club britannique des années 1990.

Avec Tonic Walter, la tension se relâche avant de laisser place au Français Thylacine, musicien voyageur dont les productions électroniques flirtent souvent avec l’ambient et la narration cinématographique.

Puis surgissent les inclassables Basement Jaxx. Le duo londonien, formé par Felix Buxton et Simon Ratcliffe, a fait exploser toutes les conventions de la house au tournant des années 2000 : carnaval sonore, hybridation permanente entre house, UK garage, funk et pop.

Et enfin, presque comme un rappel des origines profondes de toute cette histoire, apparaît Billie Holiday. Bien avant les boîtes, les samplers et les boîtes à rythmes, il y avait le jazz, la soul, le blues. La voix fragile et bouleversante de Lady Day nous rappelle que derrière chaque boucle et chaque kick de house se cache une mémoire plus ancienne : celle des clubs enfumés, des orchestres et des voix qui racontaient déjà la nuit.

Car au fond, la house n’a jamais cessé de dialoguer avec son passé.


🎶 Bonne écoute.

🎶 Écoutez dès maintenant et laissez ces artistes vous transporter dans un univers sonore unique. Ce n’est pas qu’un mix, c’est une aventure musicale.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui caractérise ce mix signé Gabriel Bouvet ?

Ce set agit comme une véritable traversée de la house, depuis ses origines jusqu’à ses métamorphoses contemporaines. Gabriel Bouvet y tisse un fil narratif cohérent et organique, reliant les différentes branches du genre — soulful, deep, jazzy ou minimale — sans tomber dans la nostalgie. C’est une conversation musicale entre hier et aujourd’hui.

Comment s’ouvre le mix ?

L’ouverture avec Julius Papp pose le décor californien : une house solaire, teintée de funk et de jazz. Ce son chaud et sensuel se prolonge avec Kevin Yost, musicien du Maryland, dont les productions feutrées et percussives marient sophistication et groove, rappelant la dimension instrumentale du jazz dans la house américaine.

Quel rôle joue la scène européenne dans ce voyage sonore ?

Le passage vers Villes Wax et Lea Lisa marque le glissement vers une deep house plus aérienne et harmonique. Ces artistes incarnent une génération européenne qui a assimilé les codes de Chicago et New York pour créer une house élégante et introspective, où le groove reste présent, mais jamais démonstratif.

Comment évolue la sélection au fil du mix ?

Gabriel Bouvet fait dialoguer plusieurs univers : DJ Jeroens, Fredrik Stark et Gamat 3000 illustrent la richesse de la deep house européenne, entre rigueur, légèreté et chaleur analogique. Puis viennent Alex Reece, Freeez et Spiritchaser, qui ouvrent des ponts vers le drum’n’bass et la soul britannique, rappelant l’unité du groove à travers les styles.

Quelle place tient l’héritage de Chicago et de New York ?

Des artistes comme Bac 2 Earth, Mark Grant et DJ Deep ramènent la musique à ses racines. Ils incarnent cette philosophie originelle de la house : un son humaniste, organique, façonné par la culture club et l’esprit communautaire. DJ Deep, en particulier, relie l’esprit de Chicago à la sensibilité française avec une approche à la fois rigoureuse et émotionnelle.

Quels sont les temps forts du mix ?

La section centrale avec Lovebirds & Vincenzo et Dennis Ferrer offre un sommet d’équilibre entre élégance, groove et émotion. On y retrouve la science du rythme berlinoise et la ferveur spirituelle new-yorkaise. Mario Basanov et Nathan Melja prolongent ensuite ce dialogue en explorant les nuances plus mélancoliques et électroniques de la deep house moderne.

Comment le mix se conclut-il ?

Gabriel Bouvet clôt son set avec Glenn Underground, figure tutélaire de Chicago, et de jeunes talents comme YDIW et RDNY. Cette fin agit comme un retour aux sources, tout en projetant la house vers son futur. Le mix ne se contente pas de retracer une histoire : il en écrit un nouveau chapitre.

Quelle est la vision de la house portée par ce mix ?

Ce mix raconte la house comme une mémoire collective et vivante. Il montre que ce genre n’est pas figé dans le passé, mais qu’il se réinvente sans cesse à travers ses héritiers. Plus qu’une question de BPM ou de technique, la house, ici, devient une question d’intention — celle de faire vibrer le groove comme un langage universel et intemporel.

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