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5 fauteuils de designers connus qui ont marqué le XXe siècle ?
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5 fauteuils de designers connus qui ont marqué le XXe siècle ?

Publié le 07 août 2026
En bref

Le XXe siècle a vu naître des fauteuils devenus icônes du design : le Lounge Chair des Eames, le Ball Chair d'Eero Aarnio, le fauteuil Ribbon de Pierre Paulin, l'Egg Chair d'Arne Jacobsen ou encore le Barcelona de Mies van der Rohe, alliant confort, audace et lignes intemporelles.

Cinq fauteuils suffisent à raconter un siècle de design : la Lounge Chair des Eames, la Ball Chair d’Eero Aarnio, le Tongue de Pierre Paulin, la Barcelona Chair de Mies van der Rohe, le Diamond de Harry Bertoia. Ces pièces iconiques ont en commun d’avoir rompu avec les conventions de leur époque, chacune à sa façon, pour redéfinir ce qu’un fauteuil peut être. Voici leur histoire, leur caractère, et ce qu’elles peuvent apporter à un intérieur aujourd’hui.

L’essentiel

  • Ces cinq fauteuils de designers connus ont façonné l’histoire du mobilier au XXe siècle, de l’après-guerre aux années 1970.
  • Chaque pièce incarne une philosophie de design distincte : épure structurelle, confort organique, sculpture habitable.
  • Leurs rééditions officielles (Vitra, Knoll…) garantissent la conformité aux matériaux et proportions d’origine.
  • Intégrés à un intérieur contemporain, ils fonctionnent aussi bien seuls qu’en dialogue avec d’autres styles.
  • Avant l’achat, vérifier les dimensions réelles : certains de ces fauteuils sont plus imposants qu’ils n’y paraissent en photo.

Pourquoi ces fauteuils sont-ils devenus iconiques ?

Un fauteuil devient iconique quand il résout un problème que personne n’avait encore bien formulé. Pas seulement s’asseoir confortablement, mais s’asseoir d’une certaine façon, dans un certain état d’esprit, dans un espace qui exprime quelque chose. Les cinq fauteuils présentés ici ont tous franchi cette ligne : ils sont passés de l’objet utilitaire à l’objet de culture.

Ce statut tient à trois facteurs qui se recoupent rarement au même endroit. D’abord, une réponse technique originale à une contrainte de fabrication ou de matière. Ensuite, une silhouette immédiatement reconnaissable, même pour qui ne connaît pas le nom du designer. Enfin, une capacité à traverser les décennies sans vieillir, parce qu’ils n’ont jamais cherché à suivre une mode mais à exprimer une idée.

La Lounge Chair de Charles et Ray Eames : le confort comme manifeste

Créée en 1956 pour Vitra et Herman Miller, la Lounge Chair de Charles et Ray Eames reste l’un des fauteuils design les plus reconnaissables au monde. Sa structure en trois coques de contreplaqué moulé, habillée de cuir et montée sur une base en aluminium poli, traduit une conviction simple : le confort profond n’a aucune raison d’être laid.

Charles Eames décrivait lui-même l’objectif comme « le confort chaud d’un vieux gant de baseball ». Le résultat tient à des détails précis : l’inclinaison calculée du dossier, l’épaisseur des coussins en plume et mousse, l’angle entre l’assise et le repose-pieds de l’ottoman qui l’accompagne. Rien n’est laissé au hasard, et c’est précisément ce qui permet à ce fauteuil d’être aussi à l’aise dans un salon contemporain que dans une bibliothèque ancienne.

Vitra en assure la réédition officielle. Les dimensions à connaître avant l’achat : 83 cm de hauteur, 84 cm de largeur, 84 cm de profondeur pour le fauteuil seul. Prévoir un espace généreux autour, car la pièce respire mieux quand elle n’est pas comprimée entre d’autres meubles.

La Ball Chair d’Eero Aarnio : quand le fauteuil devient une pièce à part entière ?

Eero Aarnio présente sa Ball Chair pour la première fois en 1966 à la Foire du meuble de Cologne. La réaction du public est immédiate : ce n’est plus tout à fait un fauteuil, c’est une architecture miniature. Une sphère de fibre de verre montée sur une base pivotante, ouverte sur un côté, tapissée intérieurement de tissu. On n’y prend pas place, on s’y installe.

Le design d’Aarnio part d’une question presque enfantine : et si le fauteuil créait son propre espace dans l’espace ? La Ball Chair isole acoustiquement, enveloppe visuellement, et offre une sensation d’intimité que nul autre siège ne reproduit. C’est aussi l’une des premières pièces de mobilier à utiliser la fibre de verre moulée comme matériau principal, ce qui lui confère une silhouette parfaitement homogène, sans couture ni assemblage visible.

Disponible en plusieurs coloris (rouge, blanc, noir, jaune…), elle s’intègre aussi bien dans un espace de travail créatif que dans un salon qui assume ses partis pris. Ses 120 cm de hauteur en font une pièce structurante : elle organise l’espace autour d’elle plutôt que de s’y fondre.

Le fauteuil Tongue de Pierre Paulin : la mousse comme matière noble

Pierre Paulin, né à Paris en 1927 et formé à l’École Camondo, a consacré une grande partie de son œuvre à réinventer la façon dont un siège épouse le corps. Son talent tient dans un geste qui paraît simple : recouvrir une structure de mousse d’un jersey tendu, sans couture apparente, pour obtenir des formes organiques et continues.

Le Tongue (F577), créé en 1967 pour Artifort, illustre parfaitement cette approche. Sa forme basse et évasée, presque rase au sol, invite à une posture détendue, presque horizontale. Le fauteuil ne cherche pas la verticalité du siège traditionnel : il propose une autre relation au repos, plus libre, plus informelle. Cette pièce est représentative d’un moment charnière du design européen, où le mobilier commence à questionner les conventions sociales autant que les contraintes techniques.

Ce qui distingue Paulin de ses contemporains, c’est la cohérence de sa démarche : chaque fauteuil est une réponse à une posture précise, pas une forme cherchant après coup sa justification fonctionnelle. Le Tongue existe pour s’y allonger à moitié, livre en main, jambes croisées. Rien de plus, rien de moins.

  • Matériaux d’origine : structure métallique, mousse polyuréthane, jersey de coton
  • Hauteur d’assise : environ 33 cm (posture basse caractéristique)
  • Conseil de placement : fonctionne idéalement sur un tapis, dans un coin de salon ou une chambre avec espace au sol

La Barcelona Chair de Mies van der Rohe : l’épure comme luxe absolu

Conçue en 1929 pour le Pavillon allemand de l’Exposition universelle de Barcelone, la Barcelona Chair de Ludwig Mies van der Rohe est l’un des rares fauteuils design dont la date de naissance est aussi précise que la raison d’être. Mies la crée pour accueillir le roi d’Espagne lors de l’inauguration du pavillon. Un siège pour une cérémonie, qui finira par traverser le siècle entier.

Sa structure en acier inoxydable cintré forme deux arcs qui se croisent, portant une assise et un dossier en cuir capitonné. Aucune vis apparente, aucun élément superflu. Cette radicalité formelle est la signature de Mies : « moins, c’est plus ». Le fauteuil possède un poids conséquent, ce qui témoigne de sa robustesse et de sa présence physique. On ne le déplace pas facilement, et c’est presque voulu : il marque un territoire.

Knoll en assure la production sous licence officielle depuis des décennies. Le cuir utilisé, généralement du cuir pleine fleur, demande un entretien régulier : un nourrissage deux fois par an avec une crème adaptée suffit à maintenir son aspect et sa souplesse. Attention aux expositions prolongées à la lumière directe, qui ternissent les teintes foncées.

Le Diamond Chair de Harry Bertoia : la chaise comme sculpture

Harry Bertoia est sculpteur avant d’être designer. Quand il crée la Diamond Chair en 1952 pour Knoll, il part d’une conviction artistique autant que fonctionnelle : « les chaises sont faites de métal et d’air, surtout d’air ». La structure en fil d’acier soudé forme un réseau tridimensionnel qui épouse la forme du corps sans l’enfermer.

Le résultat est une pièce qui appartient autant à l’histoire du design qu’à celle de la sculpture du XXe siècle. Vue de face, elle ressemble à un losange. Vue de côté, elle révèle une courbure précise, calculée pour répartir le poids du corps sur l’ensemble de la surface. Le coussin d’assise, optionnel, modifie considérablement le confort sans altérer la lisibilité de la structure.

La Diamond Chair s’intègre dans presque tous les contextes : salon, chambre, bureau, espace extérieur si elle est traitée anti-corrosion. Sa transparence visuelle en fait une alliée précieuse dans les petits espaces, où un fauteuil plein aurait alourdi l’ensemble. Elle existe en plusieurs finitions : chromé, laqué noir, laqué blanc, laqué couleur.

Pour les amateurs de design qui souhaitent intégrer une pièce de cette nature dans un intérieur mixte, la sélection de fauteuils design de Recollection propose des pièces de caractère fabriquées en Europe, dans le même esprit de soin et d’authenticité que ces grandes références du XXe siècle.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une réédition officielle et une copie de fauteuil iconique ?

Une réédition officielle est produite sous licence par le fabricant d'origine ou un ayant droit désigné (Vitra pour les Eames, Knoll pour Bertoia et Mies van der Rohe). Elle respecte les matériaux, proportions et finitions définis par le designer. Une copie reproduit la silhouette sans ces garanties : les matériaux sont souvent différents, les proportions légèrement altérées, et la durabilité rarement comparable.

Comment intégrer un fauteuil design iconique dans un intérieur sans que cela fasse « musée » ?

L'erreur fréquente est de traiter la pièce comme un objet à mettre en scène plutôt qu'à utiliser. Un fauteuil iconique gagne à être placé là où il sera vraiment assis, avec un éclairage naturel et des textiles autour de lui (plaid, coussin, tapis). Le mélange des styles fonctionne bien : une Lounge Chair Eames dans un intérieur avec des meubles en bois massif crée un dialogue intéressant entre deux époques.

Quel entretien prévoir pour un fauteuil en cuir comme la Barcelona Chair ?

Le cuir pleine fleur demande un nourrissage deux fois par an avec une crème spécifique au cuir lisse, appliquée avec un chiffon doux. Éviter les produits contenant de l'alcool ou des solvants. En cas de tache, intervenir rapidement avec un chiffon humide (eau tiède, sans savon) et laisser sécher à l'air libre, loin de toute source de chaleur directe.

Pierre Paulin est-il aussi connu que Charles et Ray Eames ?

Pierre Paulin est une figure majeure du design français du XXe siècle, formé en design d'espace et reconnu internationalement pour ses fauteuils en mousse recouverts de jersey. Sa notoriété en dehors de la France reste moins grande que celle des Eames, dont la Lounge Chair bénéficie d'une diffusion mondiale et d'une présence dans les musées d'art moderne. Ses pièces connaissent cependant un regain d'intérêt fort depuis le début des années 2020, notamment auprès des collectionneurs et des amateurs de design européen.

Peut-on mélanger plusieurs fauteuils de designers différents dans un même salon ?

Oui, à condition de trouver un fil conducteur : une palette de couleurs commune, un même type de matière (métal, cuir, tissu naturel), ou une cohérence d'époque (années 1950-1970 par exemple). Deux fauteuils iconiques dans un même espace peuvent se répondre plutôt que se concurrencer. En revanche, en accumuler trois ou quatre risque de transformer le salon en showroom : mieux vaut une pièce forte assumée qu'une collection dispersée.

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