Pour recréer un salon années 60, misez sur cinq pièces emblématiques : le fauteuil Acapulco à la structure filaire colorée, le fauteuil œuf enveloppant, un canapé aux teintes pop, un tabouret graphique et une table basse aux lignes organiques. Ces meubles incarnent l'esprit vintage et convivial de la décennie.
Cinq pièces suffisent à faire basculer un salon dans les années 60 : le fauteuil Acapulco, le fauteuil œuf, un canapé aux couleurs pop, le tabouret tam-tam et un luminaire aux formes rondes, plafonnier ou lampe champignon. Autour de ces meubles, des couleurs vives, des formes organiques et quelques motifs géométriques complètent le décor. Voici comment choisir chaque meuble, reconnaître un meuble vintage authentique et composer une déco sixties agréable à vivre au quotidien.
L’essentiel
La série Le Jeu de la dame a relancé l’envie d’une déco années 60. Ses intérieurs, de la cuisine bleu canard à la chambre au papier peint fleuri, ont rappelé à beaucoup de spectateurs combien cette décennie osait la couleur.
Ce retour tient aussi à ce que la période incarnait : une quête de modernité. Les designers de l’époque adoptent des lignes épurées et fonctionnelles, des meubles modulables et légers pensés pour des modes de vie qui changent. Le plastique connaît alors un essor considérable, avec le métal et le verre : ces matériaux autorisent des formes organiques, presque futuristes, et une production en série plus abordable. Le mouvement artistique pop, le pop art, pousse dans le même temps vers les teintes vives et audacieuses.
Un second courant traverse la décennie. Le mouvement hippie prône un retour à la nature : le bois, le rotin, le bambou et le jute gagnent du terrain, et les objets récupérés, les meubles d’occasion, deviennent désirables. Chiner un meuble vintage aujourd’hui prolonge cette logique de réemploi.
Pour les plus pressés, voici le trio de tête : le fauteuil œuf comme pièce maîtresse, le fauteuil Acapulco pour la touche colorée et légère, le canapé aux couleurs pop pour ancrer tout le salon. Le tabouret tam-tam et le luminaire rond viennent ensuite compléter le décor. Chaque meuble a une âme, et chacun répond à un besoin différent.
Sa coque enveloppante crée un cocon dans le salon. Les versions d’origine du fauteuil œuf, parfois appelé fauteuil Globe, reposent sur une coque en plastique ; les modèles récents l’interprètent dans d’autres matières.
Sa variante la plus bohème, le fauteuil œuf suspendu en rotin ou en osier tressé, fait le lien avec l’esprit hippie. Dans la même famille de sièges sculpturaux, conçue en 1958, la chaise Egg d’Arne Jacobsen, revêtue de cuir, est devenue une icône du mobilier. Idéal pour qui veut un seul meuble fort, autour duquel tout s’organise. Sa limite : son volume. Mesurez l’espace de circulation avant de l’adopter dans un petit salon.
En plastique tressé sur une structure métallique, né dans les années 50 au Mexique, le fauteuil Acapulco se décline en plusieurs coloris et passe de l’intérieur à la terrasse. Sa légèreté visuelle le rend précieux dans un salon compact, là où un fauteuil plein boucherait la vue. Associez-le par paire autour d’une table basse ovale, ou isolez-le près d’une fenêtre dans une couleur franche : orange, jaune moutarde, vert. Son assise tressée reste moins enveloppante qu’un fauteuil rembourré, à compenser avec un coussin.
Le canapé donne le ton de tout le salon. Les modèles d’inspiration sixties misent sur le velours, des formes enveloppantes et des lignes arrondies, dans des couleurs pop ou des teintes moins attendues. Un canapé en velours orange ou bleu canard suffit à installer l’époque. Un canapé en cuir patiné, lui, évoque plutôt les années 70 : à garder en tête si vous visez l’esprit sixties pur.
Classique de la décennie, créé en 1968, le tam-tam existe aujourd’hui en nombreuses variantes contemporaines, y compris en table d’appoint ronde. Il sert d’assise d’appoint, de bout de canapé ou de support pour une lampe. Petit, coloré, facile à déplacer : c’est la pièce la plus simple pour tester le style rétro sans engager tout le salon.
L’éclairage des années 60 parle le langage des courbes. Les plafonniers ronds en plexiglas teinté, en verre ou en métal diffusent une lumière douce ; les abat-jours sphériques reprennent parfois la couleur du papier peint. La lampe champignon, aux formes arrondies, se pose sur une console ou une table de chevet, et certains modèles actuels proposent une intensité variable. La lampe Pipistrello, dessinée en 1965 par une architecte italienne, avec son abat-jour en forme de chauve-souris, figure parmi les objets cultes de l’époque.
Les couleurs vives dominent la décoration sixties. L’orange, décliné en version flashy, pastel, terracotta ou corail, reste la teinte la plus représentative, aux côtés du jaune moutarde, du rouge, du vert sauvage, du marron, du bleu canard et du bleu électrique. Le blanc et le noir servent de contraste. Couleurs vives et motifs se répondent souvent sur une même pièce, en contrastes marqués.
Pour les formes, deux familles cohabitent :
Les motifs géométriques couvrent papiers peints, tapis et textiles ; le Flower Power ajoute les imprimés fleuris et psychédéliques sur les rideaux, les coussins ou un couvre-lit en chintz. Si changer le sol est impossible, un tapis aux motifs géométriques, à poils courts ou longs, rappelle le damier.
Reste à ne pas confondre les décennies voisines, ni l’art déco plus ancien, des années 1920-1930, reconnaissable à ses formes symétriques, au laiton et au marbre.
| Décennie | Couleurs | Matériaux | Formes et motifs |
|---|---|---|---|
| Années 60 | Orange, jaune moutarde, rouge, bleu électrique | Plastique, vinyle, chrome, verre coloré | Géométriques audacieuses, organiques, floraux |
| Années 70 | Ocre, orange brûlé, vert olive, terracotta | Bois massif, rotin, osier, cuir patiné | Imprimés ethniques, canapés XXL, velours côtelé |
| Années 80 | Rose fuchsia, jaune citron, bleu électrique | Matières brillantes, néon | Géométrie affirmée, lignes asymétriques |
Le terme vintage désigne en général des meubles produits entre les années 1950 et 1980 : la mention ne garantit donc pas qu’un meuble date des sixties. Les pièces iconiques, comme la chaise Eames Lounge de Charles et Ray Eames ou la chaise Tulip d’Eero Saarinen (1956), sont par ailleurs régulièrement rééditées ou reproduites.
Avant d’acheter un meuble des années 60, vérifiez ces points :
Demandez au vendeur des photos complémentaires et les mesures absentes de la description. Pour un meuble d’éditeur, comme le rangement à roulettes Componibili d’Anna Castelli chez Kartell, le nom du designer et de la marque guide la recherche.
Le piège classique reste le total look vintage. On se lasse vite d’un salon où chaque meuble, chaque mur et chaque coussin crie l’époque.
Partez d’une base neutre, blanc ou beige, puis ajoutez les couleurs pop par petites touches : un pan de mur, un fauteuil, un coussin, un cadre. Associez une pièce rétro forte, fauteuil œuf ou chaise Tulip, à des meubles sobres. Pour le liège, au sol ou au mur, limitez-vous à un seul pan. Un plateau d’échiquier sur la table basse rappelle discrètement Le Jeu de la dame. Côté matières, le velours du canapé dialogue bien avec le chrome d’une table basse ovale ; le teck réchauffe le plastique et le verre. Le même esprit s’étend à la salle à manger : une table de salle à manger en bois, des chaises à pieds chromés, une suspension en verre teinté.
Mon verdict : si vous ne deviez choisir qu’un meuble, prenez le fauteuil œuf, qui installe l’époque à lui seul. Pour un petit budget ou un petit salon, le tabouret tam-tam et une lampe champignon offrent la touche sixties la plus facile. Pour un grand séjour, misez sur le canapé pop et entourez-le d’une paire d’Acapulco. Osez le mélange des styles : dans les projets que nous accompagnons, les salons qui fonctionnent le mieux associent une ou deux pièces des années 60 à des meubles actuels de caractère, comme ceux de la sélection Recollection, fabriqués avec soin en Europe.
Pour aller plus loin, explorez toute notre sélection vintage dans la boutique Recollection.
Observez les matériaux et la patine. Un meuble authentique présente des matériaux d'époque (formica, plastique moulé, chrome, teck) et des finitions patinées par le temps. Les pièces iconiques étant souvent rééditées ou reproduites, demandez au vendeur des photos détaillées et l'historique du meuble.
Le plastique domine, avec le vinyle, le PVC, le plexiglas et la fibre de verre. Le métal chromé, le verre coloré et le formica complètent la liste. Le bois, en particulier le teck, reste présent, et le rotin gagne du terrain sous l'influence hippie.
Posez une base neutre, blanc ou beige, et limitez-vous à une ou deux pièces fortes. Ajoutez la couleur par petites touches, coussins ou pan de mur, plutôt qu'en total look. Entourez les meubles rétro de meubles sobres pour que chaque pièce ressorte.
Le mouvement hippie a ramené la nature dans la déco. Il a imposé le bois, le rotin, le bambou et le jute, des formes organiques à la place des lignes géométriques strictes, et le goût des objets récupérés. le fauteuil œuf suspendu en rotin, comme le modèle Eureka créé dès 1958, en est une illustration précurseuse.